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Un roman noir inconnu

Un roman noir inconnu

1000,00

 La connoissance renouvellez ou la rencontre du cour (cœur).

Par M. de ***, 1737

389pp

 In 8 plein basane du temps, dos à cinq nerfs orné, pièce de titre en maroquin rouge, tranches rougies.
Manuscrit sur papier paginé et calligraphié à la plume (d’un encrage assez inégal).
Deux parties en un volume, portant une discrète signature en fin d’ouvrage placée dans un filactère, assez difficilement déchiffrable, mais qui peut se lire J. George Sillon (illisible), 1739.

 

Un surprenant roman noir et libertin demeuré anonyme. Le texte, d’une belle écriture, est d’une orthographe chancelante qui pourrait indiquer une origine étrangère ou autodidacte de l’auteur. Le récit met en scène deux jeunes nobles qui se retrouvent par hasard après s’être perdus de vue.
La vie de l’un occupant la première partie et celle de l’autre la seconde.
Une œuvre atypique surprenante, qui préfigure la vogue des romans noirs.
Les sources d’inspiration de l’auteur sont multiples, et vont de la littérature du XIVe siècle aux romans épistolaire alors à la mode. L’ensemble donne un résultat sulfureux, extrêmement intéressant et innovant.
Une découverte littéraire ?

 

Voici un aperçu de la première partie du manuscrit :

L’histoire du chevalier d’Ervil, se rendant à un bal le jeune homme rencontre une beauté au décolleté évocateur portant un masque dissimulant intégralement son visage. Échauffé par un badinage très prononcé, il lui demande avant qu’ils ne se quittent d’ôter son masque afin de voir son visage. La belle inconnue refuse et lui confie qu’elle est mariée, mais de manière plus qu’ambiguë, lui propose de se montrer à lui le lendemain, dimanche à la messe, alors qu’elle sera accompagnée de son mari. Le chevalier d’Ervil, troublé accepte.

Le lendemain se rendant à l’office, il voit au bras d’un homme qu’il sait être le mari de la jeune femme, un être au visage tellement ingrat et repoussant qu’il ne peut en supporter la vue ce qui l’amène à sortir de l’Eglise…

Un petit noir s’approche alors de lui, lui tendant un billet : il s’agit d’une invitation fort directe à un rendez-vous avec la dame le soir même dans son hôtel particulier.

D’Ervil en un premier temps choqué par cette proposition finis par céder à son désir d’en savoir plus et décide de se rendre au rendez-vous. La nuit est tombée, on introduit le jeune homme dans une somptueuse demeure, ou la mystérieuse inconnue ne tarde pas à le rejoindre. Vêtu de noir et portant le même masque elle s’enquiert d’un ton badin sur ce qu’il a pensé de son physique. Un peu embarrassé d’Ervil lui ment. Elle l’interrompt d’un rire moqueur et ôtant son masque lui révèle un visage d’une beauté éclatante. Cette entrevue était une ruse, d’Ervil est conquis, et malgré la présence de l’époux endormis dans la maison, ils deviennent amants (la dame a versé au préalable quelques potions soporifiques dans le potage de son mari, subterfuge qu’elle répétera à chacun de leurs rendez-vous).

Durant deux mois les amants vivent une passion amoureuse…

Mais d’Ervil doit partir, sa mère est à l’article de la mort, il quitte à regret sa jeune maîtresse.

En chemin, un orage épouvantable éclate. Son cheval verse dans le fossé et se casse la jambe. Trempé et crotté, le jeune homme trouve refuge dans une auberge.
Il y fait la rencontre d’un gentilhomme qui aimablement l’invite dans son château. On lui fournit des vêtements sec et on l’invite à dîner auprès du feu.
Étonné le jeune homme voit deux tables, une grande et une petite. Son hôte le convie à la première, quand une porte dérobée s’ouvre laissant apparaître la plus étrange des visions : une femme vêtue de noir, belle et triste, la tête intégralement rasée, portant en ses mains une assiette d’argent. L’être fantomatique, se dirige vers la petite table, où deux laquais apportent une toile peinte représentant un jeune homme, qu’ils disposent face à l’énigmatique jeune femme, puis on pose face à elle un crâne humain dont on a obstrué les orbites de fines ciselures d’argent.

L’être fantomatique, se dirige vers la petite table, où deux laquais apportent une toile peinte représentant un jeune homme, qu’ils disposent face à l’énigmatique jeune femme, puis on pose face à elle un crâne humain dont on a obstrué les orbites de fines ciselures d’argent. Après s’être restaurée, toujours en silence, l’inconnue disparaît par la porte secrète.

D’Ervil troublé, demande à son hôte, de l’éclairer sur cette incroyable apparition, celui-ci ne se fait pas prier et lui raconte l’histoire suivante : il y a quelques années, le seigneur se promenant à cheval dans son domaine, vit une jeune souillon dont il tomba éperdument amoureux. Il décida sur le champ d’en faire sa compagne, couverte de bijoux et d’honneur, elle l’accompagna durant plusieurs années dans une union parfaite. Jusqu’au jour où, rentrant de façon impromptue, le châtelain découvre son épouse en plein ébat dans le lit conjugal avec l’un de ses serviteurs. Emporté par la rage saisissant son poignard, il tue immédiatement le vil suborneur. Quant à sa femme, il décide de lui infliger un châtiment à la hauteur de son humiliation. Jusqu’au jour où, rentrant de façon impromptue, le châtelain découvre son épouse en plein ébat dans le lit conjugal avec l’un de ses serviteurs. Il impose à sa femme de venir chaque jour en sa présence dîner en silence, la tête rasée face au portait de son défunt amant. Et de se désaltérer dans le crane même de celui ci…

D’Ervil impressionné par ce récit ne peut que saluer la détermination du châtelain et se jure en son fort intérieur que jamais plus il n’aura de commerce avec aucune femme mariée…
Le récit se poursuit par la rencontre, remarquablement traitée de façon épistolaire, de celle qui sera sa future épouse.

Cet invraisemblable récit, se poursuit par la vie du second gentilhomme encore plus sombre et surprenante que celle de son compagnon.

 

 

 

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