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Andréa de NERCIAT – Félicia ou Mes Fredaines & Monrose ou suite de Félicia – Amsterdam (sans nom d’éditeur) 1795

Andréa de NERCIAT – Félicia ou Mes Fredaines & Monrose ou suite de Félicia – Amsterdam (sans nom d’éditeur) 1795

4000,00

TI : frontispice, 224, 4 gravures TII : 240pp
TI: xviii, 199pp, tables ; 1gravure TII: frontispice, 218, tables TIII : 207pp, tables ; TIV: frontispice, 213pp, tables
Six tomes, grands in-16 reliés en plein maroquin rouge à longs grains, plats ornés d’un triple listel doré, dos à cinq nerfs orné de fleurons à l’or, tranches dorées, importantes dentelles intérieures. Reliure signée de Petit.

Andrea de Nerciat (1739-1802) est à l’image de ses romans un personnage hors du commun, lieutenant colonel de la garde des gendarmes du roi, il quitte la carrière militaire en 1775 et poursuit une vie d’aventure qui lui fera traverser l’Europe entière. On le voit en 1780 sous bibliothécaire, il réapparait en tant que directeur des bâtiment du prince de Hesse en 1783, il est a Paris où il compose de la musique des romans de comédies, pour enfin reprendre le métier des armes et devenir agent secret. Son goût du secret et de la duplicité le pousse sans doute à défier la censure par ses écrits scandaleux qu’il continuera de produire toute sa vie.

Félicia ou Mes Fredaines publiés pour la première fois en 1775 et systématiquement poursuivit par la censure et l’église reparaîtra tel un Phoenix au cours de 18 (!) rééditions clandestines. Mon noviciat ou les Joies de Lolotte paraît en 1792. Les Aphrodite de fragments Thali-Priapique en 1793, le Diable au corps en 1802.

Son rôle sous la révolution n’est pas très clair, peu-être fut il policier pendant la publication de ses ouvrages licencieux, agent double, il est arrêté à Rome par les troupes françaises en 1798 durant 2 ans, il meurt peu après en 1802. A la différence du Marqui de Sade, son contemporain, les scènes de débauche décrites par Narciat sont exemptes de violence. Les scènes libertines les plus osées y sont décrites avec légèreté voir une pointe d’humour. Apollinaire dit de Nerciat qu’il était « l’expression la plus délicate et la plus voluptueuse du XVIIIe siècle ». Nerciat s’amuse en effet en écrivant et partage ses fantasmes débridés sans considérations métaphysiques, car sa plume est guidée par le plaisir du texte et l’envie de braver l’interdit.

Monrose ou suite de Félicia parut initialement en 1792 sous le titre de « Monrose ou le libertin par fatalité, suite de Félicia » On reconnaît bien là l’humour de Nerciat. Monrose se trouve être le personnage dans « la Pucelle » de Voltaire, clin d’œil appuyé de l’auteur au maître du genre.

Cette édition parut en 1795, ici somptueusement reliée en plein maroquin rouge par Petit est illustré de deux frontispices et treize gravures non signée par Borel pour Félicia et de quatre frontispices pour Monrose soit 17 gravures en tout. Certaines de ces images sont très libres et d’autres plus allusives.
Un chef d’œuvre de littérature érotique, en reliure de Petit. Rare et bel ensemble